Françoise Dumont

Née dans la Creuse, je grandis dans un bar-hôtel-restaurant, je travaille une année dans une Maison d’Édition après l’obtention d’un CAP typographie.

Comme beaucoup de Creusoises je pars à Paris, non pas pour être maçonne, mais pour travailler dans des restaurants. Je travaille une dizaine d’années comme cuisinière un peu partout en France.

Après 2 années dans la fonction publique, j’entreprends une formation de peintre en bâtiment en 2001 à l’AFPA de Limoges. Je suis la seule femme de la session.

Fière de mon diplôme, je me heurte très vite aux difficultés d’être une femme dans les métiers du bâtiment pour trouver un emploi. Les  blagues grivoises et les préjugés sexistes vont bon train « les femmes n’ont pas assez de force », « pour le ménage c’est pratique », « elles nous prennent notre travail », « elles sont mieux à la maison »…Sans découragement, je persiste à faire ce dont j’ai envie…

Par le biais de petites annonces, je commence à travailler pour des femmes qui m’accordent leur confiance en me salariant.

En 2004, je fais une formation à Nîmes: « peintre décoratrice aménagement d’espaces scéniques » je participe pendant 2 ans à différents courts et moyens métrages comme peintre décoratrice et accessoiriste de plateau tout en continuant des chantiers de peinture.

La rénovation écologique…une histoire de femmes

 

En 2006, une femme me contacte pour l’aider à rénover sa maison en Charentes. Nous travaillons elle, un maçon et moi avec des matériaux écologiques et naturels, maçonneries traditionnelles à la chaux, enduits chaux/chanvre, isolation chanvre, tomettes en terre cuite; un voisin construit une maison en paille où je réalise les finitions, badigeon de chaux, tadelakt, enduit terre.

En 2007, je rencontre Barbara Jones, charpentière de métier et précurseuse de la construction en paille (technique Nebraska); je fais un stage avec amazonail’s en Angleterre. Je pars en Californie pour faire les enduits en terre sur la maison qu’elle a construite quelques années auparavant.

En 2008 je crée l’association Ecofemmes en Dordogne. Nous animons des ateliers pour les femmes avec d’autres artisanes du bâtiment (menuisière, maçonne, électricienne, peintre…) afin d’apprendre et  d’échanger les savoir-faire en construction écologique, d’acquérir de la confiance en soi et de l’autonomie.

Je continue aujourd’hui mon métier avec autant d’enthousiasme, en alternant les chantiers écologiques et participatifs, les chantiers collectifs entre artisanes ou les chantiers de peinture plus « traditionnels »….

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